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Transport écologique et mobilité durable


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La voiture électrique


Sujet qui passionne les foules, la voiture électrique n’en finit pas de faire parler d’elle, mais connaissez-vous son histoire, et savez-vous réellement ce qu’est une voiture à propulsion électrique ?

L’histoire de la voiture électrique

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, l’histoire de la voiture électrique ne remonte pas au début des années 90. En effet, elle est plus ancienne que la voiture au moteur à explosion que nous connaissons aujourd’hui et c’est l’apogée de ce moteur à explosion et de l’ère du pétrole qui lui a valu longtemps d’être laissée pour compte.

Les premiers modèles

Les premiers véhicules électriques, qui n’étaient pas véritablement des voitures, sont apparus dans les années 1830 aux États-Unis.

C’est Robert Anderson, homme d’affaires écossais, qui mit au point une sorte de véhicule électrique encore assez éloigné d’une véritable voiture.

Par la suite, Thomas Davenport et Robert Davidson vont élaborer des modèles de locomotive électrique entre 1835 et 1838.

En 1884, un britannique du nom de Thomas Parker, réalise l’une des premières automobiles électriques.

le modèle développé par thomas davenport

Ce qui changera réellement la donne, c’est l’invention de la batterie rechargeable par le français Gaston Planté en 1859. En effet, jusque-là, les véhicules électriques n’utilisaient pas d’éléments rechargeables ce qui les pénalisait fortement.

Quelques dizaines d’années plus tard, un autre français du nom de Camille Faure va améliorer la batterie pour la rendre plus exploitable.

batterie de gaston plante

Il faudra attendre 1891 pour que la seconde vraie voiture électrique voit enfin le jour grâce à l’américain William Morrison.

Chose plus surprenante, en 1896, la « Riker électrique » conçue par Andrew Riker va remporter une course automobile.

Vers la fin des années 1800, c’est en Belgique qu’est construite la « Jamais Contente » qui sera la première voiture électrique à franchir la barre des 100 km/h.

la jamais contente

Désillusion, disparition et nouveau ressort

Pendant toute la première moitié du 20ème siècle, le concept de voiture électrique va connaitre une phase de perte de vitesse puis de quasi abandon. Même si certains modèles améliorent les performances, la mise en production de la Ford T conjugué aux problèmes d’autonomie, aux vitesses faibles, au coût de production élevé va avoir raison du concept.

De plus, la grande disponibilité du pétrole et son coût très accessible ainsi que les lobbies termineront de ruiner les véhicules propres.

Durant ces années, quelques modèles auraient pourtant pu être exploitables mais la plupart du temps, l’écart de performances avec les véhicules thermiques n’a pas permit leur diffusion

Mais, durant la seconde moitié du 20ème siècle, les choses vont changer. Suite à certaines décisions politiques aux Etats-Unis comme le « Electric and Hybrid Vehicle Research, Development, and Demonstration Act » ou le « Zero Emission Vehicle (ZEV) » de l’Etat de Californie, la production de voitures électriques revient sur le devant de la scène.

GM EV1

A partir 1988, le président de GM, Roger Smith, va lancer un fond pour la recherche et le développement d’une nouvelle voiture électrique qui donnera naissance à l’EV 1.
Ce modèle sera produit à 1117 exemplaires et 800 d’entre eux seront proposés en location sur un contrat de 3 ans.

Le 21ème siècle sera électrique

La fin des années 90 et le début des années 2000 marquent le renouveau du véhicule électrique, d’une part parce que les politiques et les industriels s’y intéressent, mais également parce que le grand public va être irrémédiablement sensibilisé aux problématiques environnementales. Et dans ce domaine, même si ce n’est pas la panacée, l’électrique présente mieux que le pétrole.

Ainsi, en 1997, Toyota commercialise la Prius qui sera le premier véhicule hybride produit en série. En seulement un an, c’est plus de 18 000 exemplaires qui seront vendus au Japon.

toyota prius 1

Entre 1997 et 2000, de nombreux modèles électriques hybrides vont voir le jour dans tous les segments automobiles. Ainsi, Ford va produire le Ranger pickup EV et Toyota un RAV4 EV.

Alors que les choses semblent bouger, certains constructeurs et lobbies associés vont essayer d’enterrer à nouveau « la fée électricité ». Du coup en 2002, G.M., pourtant producteur de voitures électriques, et DaimlerChrysler attaquent l’Etat de Californie pour faire annuler la loi « Zero Emission Vehicle (ZEV) ».
A cette époque, le président américain George Bush se joindra même à cette démarche, bien sûr, cela n’a aucun rapport avec ses intérêts étroits avec le milieu des pétroliers.

La charge est tellement forte contre les véhicules électriques, qu’entre 2003 et 2004, GM ira même jusqu’à récupérer tous les véhicules EV1 pour les détruire.

Cette attaque des « pétroliers n’est pas la première et tout au long de l’histoire des voitures électriques, de nombreux brevets ont été racheté par des firmes afin de les laisser mourir dans les tiroirs et éviter une trop large diffusion de ces nouvelles possibilités.

Cependant, le mouvement se réamorce sous l’impact des problématiques écologiques croissantes.

Que se passe-t-il en France ?

Au sujet de la voiture à propulsion électrique française, nous avons déniché cette vidéo qui vous révèle les différentes étapes de ces véhicules dans l’hexagone. On remarquera avec délectation la langue de bois pratiquée tant par les constructeurs que les politiques.

Les propositions en terme de véhicules électriques sont toujours marginales et dans l’incapacité de répondre à la demande réelle du consommateur. :




Il faut cependant noter que depuis quelques années les choses ont pas mal évolué et que de nombreuses solutions commencent à se faire jour.

Quel avenir pour ce concept ?

Depuis une vingtaine d’années, de nombreux constructeurs ont recommencé à plancher sur ce type de propulsion et quelques productions ont vu le jour, malheureusement sans rencontrer le succès espéré en raison principalement de problèmes d’autonomie, de temps de recharge et de prix.

Le prix du baril qui a explosé, la perspective d’une pénurie d’or noir et surtout la prise de conscience écologique ont récemment relancé la recherche et le développement autour du sujet.

Les progrès réalisés sur les batteries permettent aujourd’hui d’envisager des véhicules performants et avec une autonomie enfin raisonnable (près de 400 kilomètres pour certains modèles annoncés).

Aujourd’hui de nombreux modèles sont en cours de développement, voir même en cours de commercialisation pour certains, et il semble impossible de penser que l’avenir de l’automobile ne sera pas – au moins partiellement – électrique.

D’ailleurs, les véhicules hybrides commencent à inonder le marché et de nombreux segments offrent une double motorisation qui permet de faire baisser la consommation et de réduire les émissions polluantes.

De plus ces véhicules permettent de bénéficier du bonus écologique maximal ce qui en fait baisser le prix à tel point qu’ils sont parfois moins cher que leurs homologues purement thermiques. C’est par exemple le cas de cette Peugeot 3008 Hybrid4.

la peugeot 3008 hybrid4

Ce véhicule est par ailleurs un bon exemple du fait que ce sont maintenant les voitures diesel qui sont équipées en « hybride » alors que cette technologie était auparavant réservée à l’essence.

Comme vous le verrez dans notre rubrique des véhicules électriques actuels, la technologie est prometteuse et de nombreux systèmes sont opérationnels. Reste bien souvent le problème de l’autonomie et des points de recharge.
De plus, de nombreux scientifiques indiquent que si le parc de véhicule mondial était remplacé par de l’électrique, nous serions dans l’incapacité totale de fournir l’électricité nécessaire à leur fonctionnement.

Notons également que des voix commencent à s’élever pour dénoncer le fait que la construction des batteries est extrêmement polluante et participe également au pillage des ressources de certains pays pour obtenir, par exemple, du lithium.

Ainsi, bien que cette voie semble prometteuse, elle pose tout de même certaines questions auxquelles il faudra répondre dans un avenir très proche. Cela semble en tout cas un passage obligé si l’on veut la sortir d’un marché de niche et intéresser un plus grand nombre d’automobilistes à ces véhicules.




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